« Notre travail préventif a sauvé 220 familles de l’expulsion locative »

La Ville de la Courneuve dresse un bilan positif de ses commissions de maintien dans les lieux, incluant bailleurs et acteurs sociaux. Entretien avec Nabiha Rezkalla, maire-adjointe déléguée aux Solidarités.

Vous avez mis en place des commissions de maintien dans les lieux pour prévenir les expulsions pour impayés de loyers. Comment aident-elles les familles concernées ?   

La particularité de ces commissions, c’est de rassembler tous les mois, sous ma présidence, l’ensemble des acteurs impliqués, c’est-à-dire les bailleurs mais aussi les travailleurs sociaux et la Caisse d’Allocations familiales (CAF). Chacun peut donc contribuer à son niveau à un bout de la solution. Nous nous entendons d’abord avec la famille en situation d’impayé sur un projet de régularisation, et nous négocions sur cette base avec le bailleur. Dans certains cas, il accepte d’abandonner une partie de la dette. La CAF nous permet de son côté de vérifier les droits APL. Nous déterminons aussi si la famille peut bénéficier du Fond de Solidarité Logement, départemental mais géré par le CCAS.

Ces réunions ont-elles été difficiles à instaurer ?

Ce qui est fondamental, c’est d’amener les bailleurs à la table de discussion. Nous avons obtenu la participation régulière des trois plus importants en nombre de logements sur la ville. Pour les autres, la tâche est plus difficile, surtout auprès des propriétaires particuliers. Mais nous ne lâchons rien, parfois nous faisons le travail auprès d’eux par téléphone. Dans un contexte de crise à la fois du logement et économique, nous voulons éviter par tous les moyens que des individus, des familles, en arrivent à devoir un jour s’adresser au 115 pour un hébergement d’urgence.

Quel bilan tirez-vous de ces commissions ?  

Très positif. Depuis leur création en 2010, un accord a été trouvé dans 220 des 227 cas traités. Ce sont 220 familles sauvées de l’expulsion ! Nous le savons car elles n’ont pas été revues ensuite aux  commissions d’expulsion de la préfecture, auxquelles nous assistons systématiquement. Quand tous les partenaires sociaux se mobilisent simultanément autour d’une famille tout en l’associant, on obtient de bons résultats. Bien-sûr, ceci ne vaut que si elle dispose d’un minimum de ressources, d’un emploi.

En l’absence de ressources suffisantes, ces mesures de prévention des expulsions sont-elles vouées à l’échec ?   

C’est une de leurs limites. Dans ce cas, nous faisons ce que nous pouvons pour donner un coup de pouce. Via la Direction de la Réussite éducative, qui accompagne des familles en difficulté dans l’intérêt de l’enfant, et peut par exemple suspendre les frais de cantine. Via l’emploi communal aussi : une vacation de surveillance de cantine, d’aide à la traversée devant les écoles. Toutefois, dans le contexte actuel, ceci constitue malheureusement des mesures de survie. Il n’y a pas de solution durable que nous pouvons proposer à notre échelle. C’est pourquoi, il est urgent que l’Etat prenne les mesures urgentes pour garantir l’accès à l’emploi, à un toit et le droit à un toit pour toutes et tous.

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